Vendredi 22 janvier
Cet après-midi nous nous présentons le travail de la semaine écoulée, sous la pagode, terrasse couverte de l'école. Nous commençons par le diaporama du "strombinoscope", chacun de l'équipe a posé sur une mobylette. Puis les photos prises par les étudiants et leurs petits films sont accompagnés de commentaires, inaudibles lorsque le gong du wat (temple) d'en face se met en branle. Quelques uns parlent anglais et font le relais entre nous et les autres. Le projet français "stupa tv" a été parodié par Sai en "stupid tv". Tout est assez réactif. Les idées fusionnent, il y a des tensions mais relatives. Le dîner de ce soir a fait du bien à tous: nous avons mangé à l'école avec Mr Luk le directeur, les professeurs et les élèves de Vientiane: beaucoup de bière, beaucoup de lao lao (alcool de riz). Je n'en ai pas pris. Nous avons dansé, chanté, inventé des chorégraphies:
Nous sommes les petites algues du Mékong du Mékong,
qui ondulent qui ondulent.
Il est 2 heures du matin et ceux qui ont bu du lao lao s'engueulent au sujet de l'éléphant: Odilon veut construire un éléphant géant en tressage traditionnel, Benjamin qui nous a rejoint de Shanghai où il habite, lui rentre dedans au sujet de son éléphant.
Nous n'avons pas seulement fait les petites algues au dîner, la feuille de route de la semaine à venir s'est dessinée: 8h20 Tai chi collectif quotidien. Lundi 9h: un cours d' histoire de l'art lao dispensé par Mr Bounialith, professeur théoricien et aussi comptable de l'école (dures négociations avec lui au sujet du prix des repas, de l'essence pour ramener les étudiants de l'autre site de l'école où ils logent etc). Mardi 9h: un cours d'histoire politique-morale dispensé par Monsieur Bouaken, censeur-commissaire politique de l'école (nous aurons ainsi le cours "à la source"). Mercredi: voyage de classe aux watterfall. Jeudi 9h: un cours sur les "motifs" de Luang Prabang dispensé par Professor Kanthiyalat.
Demain week end quartier libre. Sauf à midi réunion entre nous pour préparer la nouvelle semaine et pour organiser les "machines". Comme nous mettons tout en commun sur disques externes ou ordi communs, souvent nous ne savons plus où sont les choses.
Dimanche, je suis toute la journée au village, dans la famille de Sone (nous partons à 3 ou 4 mobylettes, à raison de 2 par mobylette je crois). Je serai la seule pas lao, ça va être chouette.
dimanche 24 janvier
La communication est beaucoup plus difficile qu'en Chine, pas internet dans ma chambre, ni à l'école, seulement dans les cafés mais pas toutes les heures, le soir vers 9-10h ça va, puis ça ferme. J'essaie donc d'envoyer des grandes lettres pour qu'elles durent plusieurs jours.
Il est long ce matin de trouver une mobylette, acheter un casque et partir. Nous roulons 30 minutes, je suis derrière Sai.
Dans la famille de Sone que nous sommes venus visiter, il y a du monde parce qu'il y a un bassi (prière). On s'attache les uns les autres des petits fils blancs aux poignets pour les bons esprits. Parce que la maman sort d'une maladie.
Nous mangeons tous sur la grande natte, un cercle d'hommes, un cercle de femmes, un cercle de jeunes. Je mange au cercle des femmes, elles sont vieilles, les hommes aussi sont vieux. Des yeux perçants qui ont connu la guerre.
Puis nous partons pique-niquer. Chargés de 5 ou 6 paniers de provisions, nous prenons 3 barques, 3-4-5 par barque, et nous cherchons longtemps sur le Nam Khan une rive propice à nous accueillir. Je n'aurai pas choisi le petit coin gris et caillouteux qu'ils ont choisi, mais bon, chacun ses goûts, ils veulent de l'ombre, pour ne pas bronzer, je connais.
Dès arrivés, Sone, Lin et Supalakh lavent la salade... dans le Nam Khan (affluent du Mékong, marron en cette saison. Oui, le courant est très fort donc l'eau est propre, d'accord).
Un autre commence le feu. Deux autres lancent le filet, je ne sais pas encore si c'est pour attraper du poisson ou des algues.
Je ne me propose pas pour aider à cuisiner, je pense avoir fait au mieux déjà: je suis bien coiffée bien habillée, souriante, et j'ai offert 6 plaquettes de chocolat aux parents. Je voudrais dormir s'il n'y avait pas tous ces galets, en face le sable ensoleillé me nargue.
Nous sommes donc entourés de montagnes-forêts, et je me demande si elles sont ou non minées. Je me dis que "génial, on ne peut même pas partir à l'aventure". Les autres me répondent que "non, cette province n'est pas ou plus concernée". Nous n'irons pas vérifier ce jour.
Professeur Sai, qui vient de découvrir la vidéo, filme les brindilles et les tétards. Il a acquis la technique de montage et le sens du champ/contre-champ en un temps record.
Le pêcheur arrive avec un gros poisson: exclamations.
Le pic nic consiste à prendre une feuille de chou en forme de cuvette et à y déposer tout ce que tu vois sur la natte, à savoir, crudités et feuilles diverses, sauce.
Oh! La maman vient juste d'écraser un scorpion qui traversait l'aire de pic nic.
Je rêve! 1. Je suis en Indochine. 2. au bord du Mékong. 3. pour un pic nic. 4.on écrase un scorpion (meng-ngod). Que demande le peuple!
Dès mangé, nous remballons vite. Je visite le wat près de la maison avant de rentrer à Luang. Il est magnifique comme tous les wat. Les gros stupa dorés ne me charment pas du tout, mais les peintures-vies de Bouddha sont vraiment belles, et l'architecture, les murs, les toits, les espaces vides des cours.
Olala, le dimanche est bon en dehors de Luang Prabang et sans le groupe. Ce soir, nouvelle réunion, puisque celle de hier a été catastrophique.Nous nous écoutons tous, "ce qui est déjà très beaucoup important", mais nous ne nous comprenons pas trop. En fait, nous savons que dans l'action, tout roule et continuera de rouler, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de faire des réunions préparatoires qui mènent à peu ou à rien et nous prennent beaucoup beaucoup d'énergie. Il n 'empêche qu'elles sont nécessaires, ces réunions inutiles.
Lundi nous espérons obtenir une petite connexion à l'école, où il faudra faire nos mails chacun son tour.
Lundi 25 janvier
Après la séance de Tai Chi orchestrée par Isabelle, Professeur Bounialith nous fait un cours d'histoire de l'art où il passe de 1357 à 1975 (parti démocratique Phatet Lao). Un raccourci de 600 ans.
Il semble qu'il appartient/appartenait à la famille royale, et c'est vrai que je trouve qu'il est maigre et a le style des gens de lignée des sultans de Java, je le vois bien avec un sarong par exemple. Je l'aime bien. Lorsque j'arrive sous la pagode, il me cède son tabouret, je décline en disant qu'il est mon aîné/mon père et je me courbe en passant devant lui. Bingo! Ces traces indonésiennes, compétences de politesse devenues réflexes (se courber en passant pour le respect) me font définitivement bien voir (c'est du moins mon désir).
Nous commençons ensuite les groupes, lesquels sont flexibles, transversaux et gnin gnin gnin:
1 groupe video remake. 1 groupe video cooking vie quotidienne, 1 groupe body voice theater experiences (it's me), 1 groupe construction de l'éléphant, un groupe film d' animation, un groupe graffiti. Les étudiants se sont inscrits, la répartition s'est faite naturellement. Certains ont construit des outils (pieds en bambou, perche, écran bleu d' incrustation, écran blanc de projection). Les 3 filles de l'Ecole des Beaux-arts de Vientiane, qui connaissent les ordi et parlent anglais, sont dans le groupe "film d' animation". Les autres groupes ont des élèves de Luang, qui ont rarement touché un ordinateur et ne parlent pas anglais. Je m'oriente vers un format ludique pour parer à cet obstacle linguistique (Exemple 1: sauter à la corde en parlant et filmer. Exemple 2: Tous monter dans un arbre et filmer. Exemple 3: Photographier une boule de pétanque en plein vol).
C'est éprouvant car délicat de proposer tout cela. J'ai peur qu'ils pensent que je leur fais faire les clowns. Ils sont très jeunes, ils ne donnent pas leur opinion, par respect, et peut être aussi par boudhisme (pas trop d'individualité avec le boudhisme). Les filles et le professeur Sai de Vientiane "nous ressemblent" beaucoup plus.
En fin de journée, j'entrevois une suite à l'atelier, en utilisant les compétences de chacun: Kut est champion de ping pong, Pani danse le Ramahyana chaque soir de 17 à 20h, Souden champion de pétanque. Alors si nous inventions un scénario avec tous ces personnages, peut-être...
Peut-être peut-être peut-être.
Mes petits films (typicall french house, typicall french rabbit, typicall french family) ont eu du succès auprès de mon typicall lao students group.
Mardi 26 janvier.
Et devant l'école, départ d' une crémation. Pierre suit le cortège. Le soir, je vois le film: pas de mots pour ces images et la musique qui va avec. Du blanc, du noir, du orange, du doré.
(crémation de la tante de Professeur Bounialith et celle d'un grand maître moine).
Sinon: nous mettons tous les travaux en commun, donc vous aurez plein de trucs à voir au retour. http://b-lp.syntone.org
http://radio.syntone.org
Nathalie notre prof, va envoyer peu à peu des choses, sans doute des liens, qui renvoient vers ailleurs pour moins lourd.
Nathalie et Isabelle ont aujourd'hui organisé un arbre généalogique de rangement des dossiers des divers ateliers, et si doc, et si souvenirs, et si taf, et dans ddexterne rouge, ddgris ou ddnoir, etc. Je le précise, parce que je trouve cela particulièrement pro(fessionnel).
La Biennale ne pense peut-être pas ainsi, puisque nous étions oubliés du programme officiel.
A lire les textes de Rouillé et de Moineau, nous nous en consolons.
A l'école, Professor Nu (laque, dorure), Professor Bounialith (comptable et histoire de l'art) et Professor Bouaken (Mr le commissaire politique) observent nos ateliers du haut de la pagode. Mais en même temps, ils participent: le commissaire politique apprend à Odilon le maniement de la machette.
Dans la rue, on me dit Sabaidi teacher. Nous sommes surveillés, nous pensons être paranoiaques. Nous avons la confirmation que nous sommes surveillés, et nous suivons les conseils avisés de ne pas nous en préoccuper outre mesure. C'est comme ça.
La réunion du soir est animée d'un fameux scoop: Nathalie nous apprend que l'Ecole des Beaux arts de Luang Prabang refuse d'être un lieu d'expo pour la Biennale. Nous n'avons aucune explication à ce changement de donne, à ce jour. Erreur diplomatique-politness de la Biennale? Trop de photographes de presse Hmongs? No idea. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour nous déplaire: être les seuls à exposer dans ce lieu, ancienne maison de la reine mère, 2eme femme des 33 du roi trucmush (pardon, je dois relire mes notes). Nous sommes à la fois dans le circuit du vernissage des différents lieux de la Biennale, et à part.
Autre bonne nouvelle, espérons qu'elle ne soit pas annulée: nous sommes invités aux vernissages Coconut et Utopia, ainsi que les 35 étudiants Lao avec qui nous travaillons.
L'école se retire du partenariat Biennale en tant que lieu d'expo, et dans le même temps, Mr Planchon, directeur du CCF de Vientiane nous invite tous, Lao inclus, aux vernissages.
Je pense qu'il va y avoir encore des changements, non? Que de rebondissements!
Le communiqué de presse et le nom "Not just travelling" sont approuvés ce soir-là.
Mercredi 27 janvier, sortie aux waterfall.
Nous partons tard, nous sommes trop nombreux, Professor Nu nous trouve une 3ème voiture, climatisée, l'arnac. Moi je monte pas dedans, je reste dans le combi des 3èmes années, je serai bien montée dans le pick up mais j'ai mis mes beaux habits tout blanc.
Génial les cascades, on pic nic, on se baigne ( en short, en pagne, en Tshirts, à coté des bikinis australiens bien sûr), on se masse le dos sous les cascades, belle journée.
Vendredi 29 midi
Aujourd'hui présentation interne à l'école du travail de la semaine. Sinon:
-L'école refuse d'être lieu d'expo, parce que les exposants voulaient vider "la galerie" et y exposer, alors que ce lieu sert à exposer les travaux étudiants qui sont à vendre!
- Les gens qui vivent à Luang toute l'année (artistes européens, ou thai ou lao) commencent à s'intéresser à nous et ne nous snobent plus comme de vulgaires touristes, ils commencent à venir voir ce que l'on fait, nous proposer leur aide, donner des tuyaux etc.
- L' exercice du matin quotidien est toujours en place (j'ai fait hier l' échauffement de boxe et Supalakh le taekwendo avant-hier ). Il faut voir la tête des passants (bonzes, touristes, locaux) lorqu'on s'entraîne.
- La fête de crémation en face se poursuit, on en a surement pour 15 jours, ça fait de l'animation, c'est bien, sauf quand on tourne et espère avoir 5 minutes de silence.
- Nous présentons entre autres cet après-midi un remake de La lune et le soleil de Mélies (beau projet collectif avec pôle son, tournage, incrust, anim, maquillage, théâtre).
- Ma chère Pani m'a clairement dit qu'elle ne souhaite pas poursuivre la danse de Sida qui joue aux boules, donc on en reste là. Il est juste qu'au réveil, l'idée de Sida qui joue aux boules apparait saugrenue, déplacée, voire complètement débile. En fait, le principe est de faire là où le désir est, si no desire, no doing, c'est pour cela qu'il faut être très attentif, parce qu'il est très facile d'imposer, ils ne diront jamais non par principe (sauf lorsque j'ai voulu me déguiser en bonze alors que je suis une fille, bien sûr).
-Les bonzes ( de 7 à 77 ans) ont toujours la main dans leur petit sac assorti à leur tenue. David se demande s'ils n'y tripotent pas une boule anti-stress.
- Ce soir Ramahyana à 18h.
Dimanche 31janvier
Nous sommes partis à 5 vtt pour se changer les idées ce dimanche là.
Nous avons pris le bac pour aller sur l'autre rive du Mékong, à la recherche de watterfall vues sur une carte. Nous avons croisé un village et demi, deux troupeaux de trois boeufs et un réparateur de pneu creuvé (bienvenu pour Ben). Nous avons découvert un temple extraordinaire (c'est-à-dire doré, beau et démesuré par rapport à la taille du village), nous avons mangé un bol de noodles soup, et plein de petits sachets plastiques (pop corn, chips-bananes, galettes de riz collé au sucre). Nous sommes passés par monts et par vaux (je veux dire, nous n'avons pas cessé de monter-descendre les collines, j'étais aussi bonne que les gars à la montée, mais ils me doublaient à la descente parce qu'ils sont plus lourds).
Lorsque nous quittions le goudron, les chemins se terminaient souvent en impasse, beaucoup de fils barbelés délimitent des plantations. Nous avons entendu des coups de feu et des chasseurs. Nous n'avons jamais désespéré en demandant notre chemin. Chacun avait toujours une interprétation différente de ce que le passant venait de nous dire. (Je crois que j'étais celle qui comprenait le mieux, mais les autres pensent la même chose d'eux-même).
Et nous sommes arrivés aux watterfall bien avant la nuit. Magnifique même sans se baigner (trop d'eau stagnante à traverser pour arriver au bassin principal, et rochers trop poilus d'herbes exotiques pour oser s'y coller). Le retour s'est fait en taxi-tuktuk, les 5 vélos dedans, pour être rentrés avant la nuit et avant le début de la réunion de 19h (dont j'ai oublié le contenu, mais qui s'est très bien déroulée).
Lundi 1er février
Cela continue, aujourd'hui nouvelle semaine.
Nous venons de recevoir la visite du "ministre" de la culture de la région de Luang Prabang, avec les caméras. Mettons tout en oeuvre pour faire bonne impression (c'est bon, nous n'étions pas en train de travailler sur des images cocasses).
Nous devons bientôt rencontrer Monsieur Francis Engelmann qui vit ici et travaille avec l'Unesco.Il est très au courant de la culture lao rouleau-compressée par les occupations thailandaises, françaises et communistes. Il faudrait des gens pour recenser tout le vocabulaire de la statuaire, par exemple, et les chorégraphies du Ramahyana, et les masques ... Les jeunes Lao doivent questionner les anciens avant qu'ils ne meurent, et et les anciens réfléchissent à 2 fois avant de parler puisqu'ils furent envoyés jadis aux camps de rééducation afin justement qu'on ne les entende pas. Il est demandé aux gens du palais royal, revenus de 10 ans de camps, de "parler" pour satisfaire les demandes de l'Unesco et du tourisme culturel, c'est un peu déroutant, un exemple:
Le projet Eléphant d'Odilon s'est transformé en une cacahuète géante, qui est en fait une jarre, la jarre de l'histoire fondatrice du Royaume Lao. Très grossièrement: suite à un déluge provoqué par la colère des Dieux, un frère et une soeur ont trouvé refuge dans un tambour et y ont fait l'amour. Ironie du sort, ils se sont échoués dans la plaine de Dien Ben Phu. Trois enfants sont sortis de la-dite-jarre, par 3 trous: du 1er trou trop petit est sorti un Hmong (trop foncé, trop brulé). Du dernier trou trop grand est sorti un autre, trop blanc, et du deuxième trou de la bonne taille, est sorti le Lao, juste mesure. Il y a beaucoup de variantes selon les groupes ethniques bien sûr.
Cette histoire, nous essayons désespéremment depuis quelques jours d'en avoir une version "complète et fidèle". Un vieillard devait nous la conter, parait qu'il est mort, quant à la direction du théâtre Ramahyana, elle a baissé la tête en réponse à notre requête. Etc, on s'est fait balladé par-ci par là. Finalement, aujourd'hui, après une série de tampons, nous avons la confirmation officielle qu'un conteur officiel (envoyé par le théâtre) viendra nous conter à tous, dans la semaine, "le mythe fondateur" du Laos. Un peu déroutant, très terrifiant, ou juste profondément triste?
Mercrdi 3 février
Un très vieux monsieur du palais est venu ce matin nous raconter l'histoire de la gourde/courge. Il a été amené à l'école, tout le monde était là sur les bancs pour écouter sa conférence. Il avait des carrés de chocolat suisse dans une petite assiette près du verre d'eau. Ce très grand moment a été enregistré, filmé, et chacun s'enregistrait en plus sa version avec son téléphone. Tous les professeurs prenaient des notes, le chauffeur du bus aussi, on n'avait jamais vu ça. C'était vraiment saisissant.
L'après-midi, nous avons enregistré une version de l'histoire en français, chez Mr Nit (Chaonit). Artiste lao bilingue français qui a quitté New York pour revenir à Luang, Nit essaye de mettre en place une art school indépendante qui promeut les arts traditionnels ( textiles, art floral, etc). Il souhaite de la polyvalence: un architecte doit être musicien bien sûr. Il ne veut ni une école qui fait répéter la tradition (laquelle s'est appauvrie, les étudiants font des sculptures pour vendre aux touristes, les vrais sculpteurs et rénovateurs de temples sont les bonzes eux-même) ni une école occidentale qui occulte les spécificités du Laos. Rien n'existe entre les 2 à ce jour.
Nous sommes partis en bateau après les cours et avons descendu, non, remontu le Mékong, sur une lumière rasante de fin de journée, vous voyez? Les collines défilaient, parsemées de watt et big Bouddha que nous devinions sous les arbres. Nous nous sommes arrêtés sur une mini-île pour le pic-nic puis sommes rentrés de nuit, le chauffeur coupait le moteur toutes les 10 secondes et le bateau glissait vers notre destination de retour.
Jeudi 4 février
Nous dînons avec Monsieur Engelmann. Cela me donne une version de plus sur la vision du projet "Quiet in the land".
Le repas au restaurant est excellent, petits trésors cachés dans les feuilles de bananier... Ma place, entre 2 plats, me permet de me servir 2 fois plus que les autres, ce qui ne m'empêche pas de prendre 4 pages de notes.
Vendredi 5
Nous accrochons, nous branchons, nous relisons, et nettoyons le jardin.
Nous installons les nattes pour le Bassi, l'écran pour le vidjing et les hauts-parleurs du karaoke.
Isabelle fignole le film de 4 minutes qui retrace l'aventure et montre la super ruche que nous pensons avoir été.
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